Probabilités
Données et probabilités Cours de mathématiques de 3e (troisième) · chapitre 10 · Le langage des probabilités · Calculer des probabilités · Des fréquences aux probabilités
Version interactive : dans l'application, les points des figures se déplacent, les figures se construisent pas à pas à la règle et au compas et un quiz s'invente à chaque essai.
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Le langage des probabilités
Expérience aléatoire
- Une expérience aléatoire est une expérience qui dépend du hasard, dont on peut décrire tous les résultats possibles, mais sans savoir lequel va se produire.
- Chaque résultat possible est une issue.
Exemple : on fait tourner une roue de loterie partagée en 8 secteurs identiques, numérotés de 1 à 8, et on lit le numéro indiqué par la flèche.
- C'est une expérience aléatoire qui a huit issues : {1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8}.
Les évènements
- Un évènement est un ensemble d'une ou plusieurs issues.
- Un évènement constitué d'une seule issue est un évènement élémentaire.
- Un évènement toujours réalisé est un évènement certain ; un évènement jamais réalisé est un évènement impossible.
- L'évènement contraire d'un évènement A, noté , est l'ensemble des issues qui n'appartiennent pas à A.
Exemple : on reprend la roue.
- A : « Obtenir un nombre pair » = {2 ; 4 ; 6 ; 8} est un évènement.
- B : « Obtenir 5 » est un évènement élémentaire.
- C : « Obtenir un nombre inférieur ou égal à 8 » est un évènement certain ; D : « Obtenir 9 » est un évènement impossible.
- : « Obtenir un nombre impair » = {1 ; 3 ; 5 ; 7} est l'évènement contraire de A.
Calculer des probabilités
La probabilité d'un évènement
- La probabilité d'un évènement impossible est 0 ; celle d'un évènement certain est 1.
- La somme des probabilités de toutes les issues d'une expérience aléatoire est égale à 1.
Exemples, avec la roue : P(C) = 1 et P(D) = 0 ; P(« 1 ») + P(« 2 ») + … + P(« 8 ») = 1.
Quand toutes les issues ont les mêmes chances : l'équiprobabilité
Exemples, avec la roue (secteurs identiques : les 8 issues sont équiprobables) :
- Chaque issue a une probabilité de : P(B) = .
- A = {2 ; 4 ; 6 ; 8} : 4 issues favorables sur 8, donc .
- E : « Obtenir un multiple de 3 » = {3 ; 6}, donc .
La probabilité d'un évènement contraire
Exemple : E : « Obtenir un multiple de 3 », avec .
- En comptant : = {1 ; 2 ; 4 ; 5 ; 7 ; 8}, donc .
- Avec la formule, plus rapide : .
Des fréquences aux probabilités
Exemple : on a fait tourner la roue un grand nombre de fois et relevé la fréquence de l'évènement B : « Obtenir 5 ».
| Nombre de tours de roue | 10 | 50 | 200 | 1 000 | 10 000 |
| Fréquence de B | 0,2 | 0,08 | 0,135 | 0,119 | 0,1256 |
- Plus le nombre de tours est grand, plus la fréquence de B se rapproche de .
draw Méthode
Dans l'application, cette méthode est animée étape par étape (règle, équerre, compas, rapporteur).
Méthode 1 : un sac de billes à composer
P(« pas rouge ») =
Méthode 2 : lancer deux dés (tableau à double entrée et simulation)
| + | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
| 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
La somme 7 apparaît dans 6 cases sur 36 : P(« somme 7 ») = 6/36 = 1/6. La somme 2 dans une seule : 1/36.
Méthode 3 : une expérience à deux épreuves, avec un arbre
Méthode 4 : ce jeu est-il équitable ?
edit Exercices et rédaction
Rédaction type : « Calculer une probabilité en situation d'équiprobabilité »
Exercices
public Maths & la vie
Dans l'application, ces activités sont interactives : on dessine, on écoute, on joue.
Maths et nature
Combien de poissons dans l'étang ?
Les lapins de Fibonacci et les spirales des fleurs
En 1202, l'Italien Fibonacci pose un petit problème : un couple de lapins donne naissance chaque mois à un nouveau couple, qui se reproduit à son tour dès son deuxième mois. Combien de couples au bout d'un an ? Les nombres de couples forment la suite 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55… : chaque nombre est la somme des deux précédents. Surprise : on retrouve ces nombres partout dans les plantes. Sur une pomme de pin, on compte souvent 8 spirales dans un sens et 13 dans l'autre ; sur un tournesol, 34 et 55. C'est la conséquence de l'angle d'or (environ 137,5°) entre deux graines successives.
Kepler et le flocon à six branches (1611)
Pour le Nouvel An 1611, l'astronome Johannes Kepler offre à un ami un petit livre : L'étrenne, ou la neige à six angles. Il s'y demande pourquoi tous les flocons de neige ont six branches. Il faudra attendre le 20e siècle et l'étude des cristaux pour le comprendre : les molécules d'eau de la glace s'assemblent en hexagones. Chaque flocon a ainsi 6 axes de symétrie… et pourtant, comme l'a montré l'Américain Wilson Bentley, qui en a photographié plus de 5 000 à partir de 1885, deux flocons ne sont jamais tout à fait identiques.
Les abeilles, championnes de géométrie
Pourquoi les alvéoles des ruches sont-elles des hexagones ? Le savant grec Pappus d'Alexandrie, au 4e siècle, parlait déjà de la « sagacité des abeilles » : avec des hexagones, on pave tout le plan sans laisser de trou, en utilisant le moins de cire possible pour une même surface. Ce n'est qu'en 1999 que le mathématicien américain Thomas Hales a démontré que l'hexagone est vraiment la meilleure solution.
Compter les poissons sans les pêcher tous
Vers 1890, le biologiste danois Carl Petersen marque des poissons (des plies) pour étudier leurs déplacements, et comprend qu'il peut aussi estimer leur nombre par proportionnalité : c'est la méthode de capture-recapture. Un siècle plus tôt, Laplace avait déjà utilisé une idée semblable pour estimer la population de la France à partir des naissances. Aujourd'hui, on compte ainsi les oiseaux, les papillons, les loups… ou les ours, grâce à des poils laissés sur des barbelés.
Les fractales : le chou romanesco et la fougère
Regarde un chou romanesco : chaque petite pointe est une copie réduite du chou entier, elle-même faite de pointes encore plus petites. Une feuille de fougère aussi est faite de petites feuilles qui lui ressemblent. En 1975, le mathématicien Benoît Mandelbrot appelle ces formes des fractales. Il pose une question étonnante : quelle est la longueur de la côte de la Bretagne ? Plus on la mesure finement, en suivant chaque rocher, plus elle est longue !
Maths et jeux
Les trois dés de Galilée
Le carré magique de la tortue (Chine)
Une légende chinoise raconte qu'il y a plus de 4 000 ans, une tortue sortit du fleuve Luo. Sur sa carapace, des points dessinaient les nombres de 1 à 9 rangés en carré : chaque ligne, chaque colonne et chaque diagonale faisait 15. C'est le Lo Shu, le plus ancien carré magique connu. Bien plus tard, en 1514, le peintre allemand Albrecht Dürer cache un carré magique de 4 cases sur 4 dans sa gravure Melencolia I : en bas, au milieu, on lit l'année… 15 14 !
Les osselets et les premiers dés
Dans l'Antiquité, on jouait avec des astragales, de petits os de mouton à quatre faces : nos osselets. Les Égyptiens, les Grecs et les Romains jouaient aussi aux dés, déjà marqués de 1 à 6, avec les faces opposées qui font toujours 7. Au jeu royal d'Ur, en Mésopotamie, on lançait des dés en forme de pyramide il y a 4 500 ans.
Quand les jeux de hasard inventent les probabilités
Vers 1620, Galilée explique à des joueurs de Florence pourquoi, avec trois dés, la somme 10 sort plus souvent que la somme 9. En 1654, le chevalier de Méré, grand joueur, pose à Blaise Pascal le « problème des partis » : une partie est interrompue, comment partager équitablement l'argent misé ? Pascal en discute par lettres avec Pierre de Fermat : leur correspondance est considérée comme la naissance du calcul des probabilités.
Le jeu des allumettes : un jeu « résolu »
On joue à prendre des objets chacun son tour depuis très longtemps, partout dans le monde. En 1901, le mathématicien américain Charles Bouton donne à ce jeu le nom de Nim et trouve la stratégie gagnante pour toutes ses variantes. Le jeu est devenu célèbre en France grâce à l'émission Fort Boyard, où les candidats affrontent un maître du jeu… qui connaît le secret.
Les tours de Hanoï et la légende de Bénarès (1883)
Le mathématicien français Édouard Lucas invente ce casse-tête en 1883 et le vend sous un faux nom, « N. Claus de Siam »… l'anagramme de « Lucas d'Amiens ». Il l'accompagne d'une légende : dans un temple, des moines déplacent jour et nuit une tour de 64 disques d'or ; quand ils auront fini, ce sera la fin du monde. Rassure-toi : il faut 264 − 1 déplacements, soit plus de 580 milliards d'années à raison d'un déplacement par seconde !
history_edu Un peu d'histoire
Pour s'entraîner : quiz générés à chaque essai, figures manipulables et constructions animées.
Faire le quiz